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  • 13/6/2011
  • Date :

Niyãsar

niyasar

  Avec ses vingt mille habitants, Niyãsar occupe le centre d’une vaste vallée, cernée par des montagnes irrégulièrement disposées et des espaces vacants. A l’éventuel visiteur en manque de sensations visuelles, il suffira de rallier une éminence quelconque pour prendre de la hauteur et profiter ainsi à loisir de la richesse du paysage.

Un seul parmi les sommets environnants a cependant bénéficié d’un aménagement particulier pour devenir un observatoire idéal (aux allures de tour de guet) qui offre à l’observateur la possibilité de balayer du regard l’ensemble de la vallée et sa périphérie.

   Non seulement il occupe en son plus haut point la verticale d’une falaise, mais qui plus est, il termine et couronne un improbable et giboyeux jardin suspendu. On accède à cet observatoire panoramique et à son parc en contournant le village en direction de l’ouest. Sur le trajet, on croise un petit temple zoroastrien de l’époque sãssãnide qui occupe solitairement le point le plus haut d’un léger dénivelé, à égale distance de la voie de contournement susdite et de la falaise.

L’endroit est venteux et l’on peine à s’y maintenir en équilibre. Le clos du jardin est un lieu de sérénité absolue, comparé à ce tumultueux carré archéologique.

    Le visiteur ne pourra cependant manquer, malgré le vent, d’y effectuer une halte méditative avant d’atteindre l’entrée du jardin. Bien dessiné, homogène et sans fioriture, il est traversé sur toute sa longueur par un ruisseau finement canalisé.

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   Pour le reste, c’est apparemment un espace de repos et de promenade comme il y en a tant. Deux choses singularisent cependant le lieu. Tout d’abord, il donne très tôt au promeneur une impression de légèreté aérienne - probablement une vue de l’esprit due à l’état de semi suspension et à la proximité du vide. Ensuite, fait remarquable, le sous-sol du jardin renferme un immense réseau de galeries et de cavités creusées en des temps immémoriaux par des tributs troglodytes.

Pour les archéologues, la grotte de Veys (énigmatiquement gratifiée du surnom de "grotte du Chef" par les Niyãsaris) est un vestige préhistorique, une curiosité archéologique conçue et creusée par des hommes, qui plus est de petites tailles, vu l’étroitesse des galeries.

    Celles-ci sont réparties sur plusieurs niveaux qui communiquent avec les niveaux supérieurs et inférieurs. Une grande partie du réseau a été aménagé pour accueillir les visiteurs férus de sensations fortes, car c’est un fait: il est fortement déconseillé aux claustrophobes de s’aventurer dans les dédales de la grotte où l’on déambule dans le meilleur des cas en position accroupi. En revanche, l’efficacité du système naturel d’aération en dit long sur l’ingéniosité des anciens propriétaires troglodytes. La circulation optimale de l’air - d’une étonnante pureté - leur permettait sans aucun doute d’habiter en permanence et en toute sûreté au cœur de la roche, dans une multitude de petites salles qu’ils avaient creusées à cet effet.

Lieu de vie pour les autochtones d’alors, le labyrinthe ne peut constituer qu’un lieu de passage très provisoire pour les explorateurs en herbe d’aujourd’hui qui souvent appréhendent de s’y engager.

   S’ils se décident à faire le pas, ces derniers devront néanmoins s’empresser d’écourter leur visite au bout d’une petite heure (deux ou trois heures pour les plus téméraires) impressionnés voire subjugués qu’ils seront par l’étrange beauté de l’endroit; oppressés également, pour certains, par le manque d’espace. Mais, compensation de taille pour les plus anxieux, c’est à flan de montagne qu’ils finiront par s’extraire des entrailles de la terre, à mi chemin entre le village de Niyãsar qu’ils retrouveront, étalé sous leurs pieds à perte de vue, et le fameux perchoir du jardin suspendu. Un bruit sourd arrivera alors à leurs oreilles, qui bouclera leur périple et vers lequel ils dirigeront leurs pas, pour découvrir les rafraîchissantes sinuosités d’une petite cascade. En la regardant couler nonchalamment vers Niyãsar, ils se diront tout bas qu’ils ont vraiment… mais alors vraiment bien fait de venir.

Source: Teheran.ir

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